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L'amour de toute une vie

L'amour de toute une vie

Tu te réveilles entourée de bip en tout genre. Quelqu'un (que tu supposes être une infirmière) dit :
I : « C'est bon, elle est consciente. »
Tu ouvres lentement et avec précaution les yeux. Tu découvres Lisa qui tient ta main gauche. Son visage bouffi est ravagé de larmes. De l'autre côté, tes amies sont là, derrière une vitre, sûrement en train d'attendre leur tour.
Li : « Qu'est-ce qui t'a pris ? Tu es devenue folle ? J'ai eu tellement peur. Ne m'abandonne pas !
T : Je veux mourir.
Li : Non, tu n'as pas le droit de dire ça ! Tu ne peux pas nous laisser ! Pense à papa, maman, à Jo, Mina et Lou, à moi ! »
Mais la seule personne à laquelle tu arrive à penser, c'est lui. Ses cheveux noirs, ses longs cils, ses hypnotisants yeux, sa petite fossette... qui t'ont trahi. Tu n'arrives même pas à penser son prénom. Tu as trop mal, ton cœur saigne abondamment. Tu arraches difficilement toutes tes perfusions sous le regard effrayé de ta sœur. Des points noirs apparaissent devant tes yeux. Tu as tout juste le temps d'entendre Lisa appeler une infirmière avant de sombrer de nouveau dans l'inconscience.
Cette fois, lorsque tu te émerges, ce sont tes amies qui sont près de toi et ta sœur derrière la vitre. Lou s'apprête à parler lorsque . . . apparaît à côté de Lisa.
T : « Non ! Pas lui ! Dégage ! Je ne veux pas le voir ! Adieu, traître ! »
Tu t'agites et t'énerves dans ton lit. Tu commences à délirer. Les filles essaient de te calmer sans succès. Enfin, une infirmière a la présence d'esprit d'écarter . . . . Tu te calmes instantanément. Épuisée, tu tombes dans les bras de Morphée comme une masse.
À ton troisième réveil, tu gardes soigneusement les yeux fermés. Tu te contente d'écouter les voix se parler.
I : « Elle est encore très faible, physiquement et mentalement. Ce doit être un choc émotionnel qui l'a mis dans cet état.
Lo :Cet état ? Vous voulez suicidaire ?
I : Oui. Ça a sûrement un rapport avec le jeune homme qui est venu hier.
M : Je pense aussi. Elle sortait avec lui depuis quelques jours. Pourtant, ces derniers jours, elle semblait, au contraire, plus heureuse que d'habitude.
J : C'était un camarade de classe, il y a longtemps. Ils étaient sortis ensemble mais avaient cassé pour une absurdité. Jusqu'à ce qu'il réapparaisse, elle essayait de faire bonne figure mais on voyait toutes qu'elle l'aimait toujours.                                         Lo : On croyait que ça lui ferait plaisir de le voir, mais je crois qu'on s'est plantés, sur ce coup.
Li : Je pense qu'il a quelques trucs à nous expliquer. Il est rentré chez lui ou il est encore à l'accueil ?
I : Il me semble qu'il est en salle d'attente.
M : Allons le voir. Il a des comptes à nous rendre. »
Dès que tu avais entendu parler de . . ., des larmes silencieuses étaient sortis rouler sur tes joues, mais tes amies te tournant le dos, seule l'infirmière s'en était rendu compte.
I : « Vous étiez proches ? »
Pour seule réponse, tu ouvres les yeux, elle y lit aisément tout l'amour que tu lui portes et tout le mal qu'il t'a fait. Elle baisse la tête, sous le choc de tant de sentiments contraires.
I : « Vous avez besoin de quelque chose ? Ou juste envie de quelque chose ?
T : Mourir.
I : Ton plateau-repas arrivera dans une dizaine de minutes. Si tu veux pouvoir enlever tes perfusions, il faut que tu manges.
T : ...
I : Ah, oui. J'allais oublier : Un homme aimerait te voir. Il nous a dit s'appeler _ _ _ . Tu veux le recevoir ? »
Ton cœur bondit. Le père de . . . ? Qui l'avait prévenu ? Tu acceptes et elle s'en va le chercher. Elle revient quelques minutes plus tard en compagnie de _ _ _.
_ _ _ : « Bonjour Esther. Comment ça va ? »
Tu lui jettes un regard étrange. Il pensait sérieusement que tu allais répondre : Parfaitement ! Je pète la forme. En fait, je suis à l'hôpital parce que j'aime la nourriture et l'ambiance.
_ _ _ : « Désolé.
T : Qui vous a prévenu ?
_ _ _ : Tu peux me tutoyer. C'est . . . . Il était paniqué au téléphone. Esther, qu'est-ce qui se passe ? La dernière fois que je t'ai vue, tu était resplendissante de jeunesse, de courage et de joie de vivre. Maintenant, tu ressemble à une morte-vivante. »
Bizarrement, alors que tu ne t'étais confié ni à tes amies, ni à ta sœur, tu racontes tout à une personne que tu rencontres pour la troisième fois.
_ _ _ : « Le salaud ! Te faire ça, à toi ! Après tout ce que tu as fait pour lui ! Quel crevard ! Il va avoir affaire à moi !
T : Non, s'il-te-plaît _ _ _ ! Je le déteste, mais je l'aime...
_ _ _ : Après tout ce qu'il t'a fait, tu le défend encore. Il ne te mérite vraiment pas... »
Il sort en rage. Le plateau-repas arrive juste après. Tu n'as vraiment pas faim mais tu te forces à prendre la compote pour faire plaisir à ton entourage. Puis, tu t'endors jusqu'au lendemain, les visites t'ayant pas mal fatiguée.

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