Le lendemain, il rentre dans la compagnie et reprend les cours de danse. Il est heureux bien qu'encore inquiet pour la suite. De ton côté, tu demandes quelques jours de congé à Daniel, qu'il t'accorde sans problème. Le jour suivant, tu prends donc le train pour Marseille. Une fois arrivée à destination, tu vas directement à l'adresse que . . . t'a donné. Tu sonnes et attends quelques instants avant qu'un homme au visage bourru apparaisse dans l'encadrement de la porte.
_ _ _ : « Qu'est-ce que vous voulez ?
T : Bonjour Monsieur. Excusez-moi de vous dérangez...
_ _ _ : Pas de blabla. Qu'est-ce que vous voulez ?
T : Vous êtes le père de . . . ?
_ _ _ : Oui, pourquoi ? Qui êtes-vous ?
T : Je suis sa petite amie. Il faut que je vous parle. »
Il s'écarte pour te laisser rentrer. Tu le suis dans un salon aux canapés défraîchis. Lorsqu'il s'assoie dans l'un, tu t'installes en face.
_ _ _ : « Quel bourreau des cœurs ! Il a déjà changé de copine.
(Tu ignores la remarque provocatrice et te lance sur un tout autre sujet.)
T : Vous savez qu'il veut faire de la danse classique ?
_ _ _ : Si vous êtes venue ici pour me parler de ça, vous pouvez d'ores et déjà partir.
T : Je n'ai certainement pas fait Lyon-Marseille pour me contenter de ça. Il a reçu une offre d'une compagnie.
_ _ _ : Je m'en fiche.
T : Mais vous ne vous ficheriez pas s'il acceptait, n'est-ce pas ?
_ _ _ : ...
T : Ce que je ne comprends et que je pensais que vous puissiez m'expliquer, c'est que si vous aimez votre fils, pourquoi l'empêchez-vous d'être heureux et épanoui ? »
Il éclate de rire, à ta grande surprise.
_ _ _ : « Qui vous a dit que je l'aimais ?
T : Lui-même.
_ _ _ : Il se trompe.
T : Je suis sûre que non. Vous vous refusez seulement à l'admettre.
_ _ _ : Ce n'est pas lui que j'aime. C'est elle qui se reflète en lui. Et elle fait de la gymnastique.
T : Elle est morte depuis 20 ans ! Vous ne croyez pas qu'il est temps de tourner la page ? Il n'est pas sa mère. Il a le droit d'avoir sa propre vie.
_ _ _ : Sortez ! Arrêtez de vous mêler des histoires qui ne vous regarde pas !
T : Ce n'est pas ça qui vous dérange ! Vous avez peur parce que je vous mets en face de vos responsabilités, ce que personne n'avait jamais osé faire !
_ _ _ : Dégagez de ma maison ! (Il te pousse vers la porte.)
T : Vous n'aurez peu-être pas d'autre possibilité de vous réconciliez avec votre fils. Si vous changez d'avis, je suis à l'hôtel des Calanques, 18 rue des lavandières. Je reste deux jours puis, je retourne à Lyon. Réfléchissez bien. »
Tu t'en vas, espérant que tes paroles porteront leurs fruits. Pendant les deux jours qui suivent, tu visites la ville. Mais, tout comme . . ., tu ne l'aimes pas vraiment.
Personne ne vient te retrouver à ton hôtel. Le moment de repartir est venu. Tu es sur le quai de la gare, attendant ton train, lorsque tu vois une silhouette trottiner vers toi. C'est _ _ _.
_ _ _ : « Pardonnez-moi pour l'autre jour. J'étais très énervé parce que vous aviez percé ma carapace. Vous pouvez m'aider à me faire pardonner ?
T : Ne vous inquiétez pas. Il n'attend que ça. Quand à moi, c'est déjà oublié. Cela veut dire qu'il peut danser ?
_ _ _ : Tout ce qu'il voudra.
T : Attention, il ne faut pas qu'il devienne capricieux ! »
Vous vous étreignez et échangez vos numéros.
T : « Merci, sincèrement. À bientôt. Je vous tiendrai au courant. »
Tu montes dans le train, qui est sur le point de partir. À l'arrivée, tu remarques . . . qui t'attend sur le quais. Tu fais mine d'être triste et gênée.
T : « Je suis désolée, mais, en fait...
. . . : ... Il a refusé ? J'en étais sûr !
T : Il a dit oui ! »
Tu te précipites vers lui pour l'embrassez mais il se contente de te prendre dans les bras. Vous passez le reste de la journée ensemble et, le soir, vous regardez Titanic en mangeant du pop-corn. Tu es en peu déçu car il ne t'embrasse pas à la fin du film. Mais tu ne tiques pas spécialement. Vous vous endormez sur le canapé.